vendredi 13 novembre 2009

Finis les sashimis au thon rouge ?

Il faut bien en parler, c'est le côté obscur d'un pays dont l'écologie semble partisane quand on évoque la décimation de ce met de choix, traqué dans ses zones de reproduction comme la Méditerranée, et qui fait les délices des restaurants japonais (le Japon à lui seul consomme 90 % des 3,5 millions de thons pêchés chaque année). A 6,50 € le kilo pêché en 2008, le thon est trois fois plus rentable que le merlan. Rendu au Japon il peut atteindre des prix astronomiques à la criée à Tokyo, quand on pense que l'inventeur du sushi, poisson cru posé sur une boulette de riz, fut mis en prison parce qu'il vendait trop cher un produit dont le prix de revient était quasi nul... Autrefois chez les Grecs les thons étaient tellement immenses qu'on ne les pesait pas par kilo mais par tonne, aujourd'hui le poids moyen n'est plus que d'une quarantaine de kilos en Méditerranée. Les principaux fournisseurs, France, Italie et Espagne, sont régulièrement brocardés pour leur non-respect des quotas car, alors que les déclarations officielles des pêcheurs font état du respect des 30.000 prises par an (au lieu des 15.000 nécessaires pour protéger l'espèce selon les scientifiques), ils se situent en réalité autour des 60.000 depuis une dizaine d'années déjà. L'espèce est donc surpêchée quatre fois, chacun des trois pays pêchant le double de ce qu'il avance. Une grave dérive amplifiée par l'implantation de fermes de grossissement en Espagne et à Malte et subventionnées par la Communauté européenne. Les Japonais quant à eux arment des navires sous pavillons de complaisance pour piller sans vergogne les ressources le long des côtes africaines. Dans l'Atlantique Ouest l'espèce a déjà disparue. A quand les norens baissés dans les restaurants japonais ?

Rendez-vous sur Hellocoton !