mercredi 23 décembre 2009

Couteau Japonais : Haiku Itamae Suminagashi

La coutellerie japonaise est probablement la plus réputée du monde et, à quelques exceptions près comme Tosa, est directement issue du savoir faire des forgerons qui fabriquaient les sabres des samouraïs. C'est le cas de Haiku Itamae Suminagashi, fabriqué de manière totalement artisanale dans une des nombreuses fabriques de Sakaï, près d'Osaka.

Origine du nom
Haiku est un court poème japonais (dont nous avons déjà parlé), devenu le patronyme de la série historique de Chroma et dont le symbole est le faucon sérigraphié ou gravé dans la lame. Haiku participe en filigrane de cette tendance des Japonais à réduire les objets à leur forme la plus simple, l'intensité d'une idée dans une petite quantité de matière.
Itamae signifie "sushiman", dans le sens honorifique. Devenir Itamae au Japon nécessite un long  apprentissage, la formation initiale à l'école a elle seule occupe déjà sept années. Notons au passage que le terme sushiwoman n'existe pas (encore), itamae est toujours masculin. Une profession très machiste.
Suminagashi signifie littéralement "encre flottante", et fait référence au damasquinage de la lame qui ressemble à la marbrure obtenue par la technique de peinture japonaise du même nom.

Les couteaux
Un couteau fabriqué par des maîtres couteliers avec une telle expérience ne peut-être fabriqué qu'à partir des meilleurs matériaux. La lame est composée de deux aciers, dont un en acier bleu "Aogami II" à 1.2 % de carbone (ce qui va donner toute sa dureté au couteau et assurer la longévité du tranchant). Ces aciers sont forgés par couches successives, alternativement dans un sens pour aligner les molécules vers le nord,  puis  dans le sens inverse jusqu'à former un damasquinage complexe de 32 couches pour les modèles ambidextres.
Une fois forgée, reposée (deux ans !), aiguisée, la lame est insérée dans un manche en bois d'ébène serti d'une virole en corne de buffle de première qualité. Le couteau est ensuite certifié 100 % authentique à la main par Uchi Hamono (organisme de contrôle gouvernemental) et un numéro d'identification lui est alors attribué. La fabrication d'un tel couteau est longue et fastidieuse, l'apparence du damasquinage différent à chaque fois donne à ces couteaux leur qualificatif d'oeuvre d'art. Plus qu'un cadeau, un morceau de culture japonaise.
Les couteaux Haiku Itamae s'obtiennent en France sur un site spécialisé en couteaux japonais artisanaux

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vendredi 18 décembre 2009

Mythologie Japonaise (2) - Amaterasu

Amaterasu, la déesse du soleil mais aussi du blé et du tissage, est la divinité la plus honorée de la religion Shintoïste. Elle est née de l'oeil gauche de son père Izanagi et était tellement brillante qu'il lui confia son collier de perles sacrées ainsi que le royaume des cieux, sur lequel elle règne depuis. Amaterasu a une douzaine de frères et soeurs dont Susanoo avec qui elle est en perpétuelle concurrence.

La Légende d'Amaterasu :
Son frère Susanoo, le kami de la mer et du vent (aussi des tempêtes et de l'orage) était provocateur et violent, il tua même une de ses soeurs. Un jour ou il rendit visite à Amaterasu, il adopta une attitude irrespectueuse envers elle en jetant le cadavre d'un cheval dans la salle de  tissage. Excédée par cette attitude coutumière, Amaterasu décida de priver le monde de lumière en s'enfermant dans une grotte scellée par un lourd rocher. Le monde étant alors plongé dans les ténèbres, les autres kami cherchèrent comment faire sortir Amaterasu de sa grotte et lui tendirent un piège. Ils firent forger un grand miroir "Yata no Kagami" qu'il placèrent en face de la grotte et organisèrent une fête. Lors de cette fête, Uzume, la déesse de la gaieté se mit à danser, produisant un effet euphorisant sur les autres kamis qui se mirent à rire aux éclats. Amaterasu demanda ce qui pouvait provoquer cette bonne humeur alors que le monde est plongé dans l'obscurité, ce à quoi on lui répond qu'une nouvelle divinité encore plus somptueuse qu'elle a fait son apparition. Vexée et piquée par la curiosité elle sortit de la grotte et resta subjuguée par la beauté de cette déesse... qui n'était autre que son reflet dans le miroir. Le temps qu'elle s'en rende compte les kamis avaient bloqué l'entrée de la grotte. Amaterasu promit de ne plus plonger le monde dans les ténèbres si son frère était banni et qu'il était assuré à sa descendance de régner sur le monde des mortels.

Descendance impériale :
Plus tard après cet épisode, elle envoya son petit-fils, Ninigi no Mikoto, pacifier les îles japonaises. Elle lui donna le miroir sacré "Yata no Kagami", l'épée de son frère Susanoo et les bijoux qui deviendront plus tard encore les Bijoux Impériaux. C'est son arrière-petit-fils, Jimmu qui devint le premier empereur du Japon. C'est comme ça qu'Amaterasu a été considérée comme l'ancêtre de la dynastie impériale japonaise, et donc tous les empereurs  de descendance divine. C'est à la fin de la seconde guerre mondiale que les forces alliées promulguèrent une directive instituant la séparation de la religion et de l'État. Dans la proclamation impériale du Nouvel An 1946, l'empereur affirma que la croyance qui voulait qu'il soit un dieu à forme humaine était erronée, mais sans renoncer à son ascendance divine.

Image : Représentation moderne d'Amaterausu (du jeu vidéo Okami) par vinny-vieh

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mardi 15 décembre 2009

Wagyu ou boeuf de Kobe

Wagyu veut dire boeuf (gyu) japonais (wa) et s'applique aux quatre races pures que sont le Japonais noir, le rouge, le Japonais à cornes courtes et le sans cornes. Au VIIème siècle l'empereur Tenmu, sous l'influence de la religion bouddhique qui interdit de faire couler le sang, interdit la consommation de viande, interdiction qui sera levée en 1870 par l'empereur, lequel soulèvera l'indignation en mangeant du boeuf en exemple. Auparavant, le Japon consommait surtout des poissons d'eau douce au temps où sa capitale Kyoto était située dans les terres, puis des poissons de mer lorsque les shoguns installèrent la capitale dans une baie poissonneuse, la baie d'Edo, plus tard Tokyo (la daurade était leur plat préféré).
140 ans plus tard le boeuf wagyu est considéré par de nombreux spécialistes mondiaux comme le meilleur équilibre entre l'umami contenu dans sa graisse abondante et tendreté. On évite soigneusement tout stress aux bêtes de 600 Kilos en moyenne recevant même des séances de massage. La norme de production est une des plus strictes au monde et le Japon exerce des contrôles d'hygiène extrêmement rigoureux sur le boeuf. Chaque tête née au Japon est enregistrée à la naissance dans une base de données avec un numéro individuel et livrée avec certificat d'authenticité. Grâce à cette traçabilité on peut trouver sur Internet les déplacements du bétail tout au cours de sa vie. Son prix est sept fois supérieur au boeuf européen. L'empereur en a interdit l'exportation, on ne peut donc pas le consommer hors du Japon.

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vendredi 11 décembre 2009

Claymore

Encore un manga de type Shonen, créé cette fois par Norihiro Yagi et plus violent et sanglant que les mangas déjà cités sur ce blog. Actuellement 17 volumes sont sortis au Japon depuis 2002, et la série a été adaptée en animé.
Le contexte :
C'est dans un univers médiéval fantastique que se déroule le manga Claymore, à une époque ou l'humanité vit dans la crainte des êtres démoniaques appelés "Yoma". Ces créatures se nourrissent exclusivement d'êtres humains parmi lesquels ils se dissimulent, grâce à une capacité de polymorphie. Pour lutter face à eux, une organisation loue les services de guerrières appelée Claymores, qui ont reçu dans leurs veines du sang de démon, les rendant ainsi à moitié "Yoma". En plus de la puissance physique des démons grâce à laquelle elles soulèvement leurs imposantes épées (des claymores justement), elles obtiennent des yeux argentés leur révélant la vraie nature des Yoma "déguisés". Le mélange Humain/Yoma à tout de même ses limites, plus une guerrière utilise la force obscure en elle, plus celle-ci prend le contrôle sur elle, jusqu'à la transformer en Yoma supérieur appelé Éveillé. C'est pourquoi une fois leur limite atteinte, les Claymores demandent à mourrir tant qu'il leur reste un soupçon d'humanité en elle.
L'histoire :
L'histoire débute lorsque Claire, une Claymore un peu particulière, est envoyée par l'organisation débarrasser un village d'un Yoma. C'est là qu'elle rencontre Raki, un jeune garçon qui a perdu sa famille dévorée par le Yoma et qui est mis à l'écart par le village. Elle fini par le prendre avec elle jusqu'à ce qu'elle lui trouve une nouvelle famille dans un autre village, ce qui va à l'encontre des règles fixées par l'organisation. Qui se cache derrière cette organisation? Quel est sont but? Quelles sont les particularités de Claire? Quelle est son histoire? Comment Raki va-t-il changer sa vie? Il vous faudra lire le Manga pour le savoir (ou regarder l'anime)

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mercredi 9 décembre 2009

Couteau Japonais : Haiku Home

Parce qu'il n'est pas nécessaire d'être un professionnel pour aimer cuisiner, les couteaux japonais peuvent aussi être utilisés dans nos cuisines domestiques. Bien entendu, l'utilisation que l'on peut faire d'un couteau de cuisine à la maison n'est pas de la même intensité que ce qu'elle est dans une cuisine pro. Il existe donc des gammes de couteaux japonais spécialement conçues pour les cuisiniers occasionnels, qui représente un réel avantage sur un couteau lambda, mais à un prix bien inférieur qu'un matériel professionnel. Les couteaux Haiku Home sont de ceux-là :
- L'aiguisage à la japonaise forme un angle aigu très pointu, c'est de là que découle la qualité de coupe
- La lame contient 0.4% de carbone pour conférer à la lame une dureté suffisante et permet de conserver la qualité de coupe plus longtemps
- La lame est fixée dans un manche en bois de Honoki par un système de clavette qui a fait ses preuves depuis l'époque des premiers katana
- L'acier, la fabrication et le montage sont tous japonais et réalisés au Japon.

Vous utilisez Haiku Home chez vous? N'hésitez pas à faire partager votre expérience en laissant un commentaire.

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mardi 8 décembre 2009

Mythologie Japonaise (1) - Izanagi et Izanami

La mythologie japonaise est basée sur le "Kojiki", le plus ancien recueil de mythes, légendes et histoires du Japon  la religion shintoïste.




Création du Japon :

Issus des premiers dieux qui incarnent les grandes forces qui dirigent l'univers ("Amatsukami"), le couple de "kami*" Izanagi (homme) et Izanami (femme) eurent pour mission de créer la première terre. C'est du haut du pont "Ame no ukihashi", le pont céleste flottant, qu'il plantèrent dans l'océan la lance "Ame no nuhoko" offerte par les premiers dieux. Lorsqu'ils retirèrent la lance, les gouttes d'eau salée qui coulèrent de la lance ont formé la première île en retombant dans l'océan. Izanagi et Izanami descendirent du pont et prirent domicile sur cette île. C'est sur cette île qu'Izanami demanda Izanagi en "mariage divin", et de cette union naquirent Hiruko (l'enfant sangsue) et Awashima (l'île d'écume), deux enfants mal-formés. Lorsque le couple divin demanda aux "Amatsukami" quelle était la cause de la malformation, ils leur répondirent que c'était à Izanagi, l'homme, d'initier la demande d'union et non à Izanami. Leur mariage fût donc annulé et refait sous l'initiative cette fois d'Izanagi. De cette nouvelle union virent d'abord le jour les 8 grandes îles de l'archipel japonais ancestral, puis une multitude de plus petites, ainsi que d'autres divinités (kami du vent, kami des montages, kami des plaines...). La dernière divinité créée par le couple fût le kami du feu, qui brûla vive Izanami lors de sa naissance. Il fût ensuite tué par son père, donnant ainsi naissance à une douzaine d'autres kami.

Yomi no kuni, le pays des morts :

A sa mort, Izanami fût envoyée au pays des morts. Fou de tristesse, Izanagi entreprit d'aller la chercher mais il arriva trop tard, Izanami avait déjà mangé la nourriture de ce pays ce qui lui rendit impossible tout retour. Dans ce monde sans lumière, éclairé par la dent d'un peigne auquel il a mis le feu, Izanagi découvrit le corps de sa femme en putréfaction. Izanami entra dans une rage terrible et tenta sans y parvenir de le retenir au pays des morts. Pour se venger de cet échec Izanami jura de tuer chaque jour 1000 personnes vivant dans le royaume d'Izanagi, ce à quoi il répondit qu'il ferait donner naissance à 1500 enfants par jour, créant ainsi le cycle de la vie et de la mort. Lorsqu'il fût sorti du pays des morts, Izanagi en scella l'entrée avec un immense rocher que mille hommes ne pourraient jamais soulever.

La purification :

Après cette épreuve dans le pays des morts, Izanagi décida de se purifier dans un fleuve, donnant naissance tout au long de la purification à de nombreuses nouvelles divinités issues de son corps et de ses effets personnels. Les trois derniers kami furent les plus importants à ses yeux :
Ces trois kami, peut-être les plus vénérés de la religion Shintoïste feront l'objet d'un nouvel article. A noter que le bain de purification d'Izanagi est considéré comme la fondation d'une des pratiques de purification les plus importantes du shintoïsme, le "Harai".

* kami à pour traduction la plus proche dieu ou divinité, mais ils peuvent prendre des formes dont la signification s'en éloigne quelque peu, ce qui le rend difficilement traduisible.

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mardi 1 décembre 2009

L'alcool de riz japonais : le Sake (2)

Maintenant que l'on sait comment le vrai saké est fabriqué, voyons comment le servir, le boire avec l'art et la manière, en respectant les règles japonaises de savoir-vivre. Comme pour le vin chez nous la température, la façon de servir ainsi que les formes et matériaux contenants sont très importants

Préparer le saké : Tout d'abord, il faut déterminer si le saké que vous avez doit/peut être bu chaud ou froid. Pour cela il faut savoir qu'un saké de bonne qualité se boira obligatoirement frais, car chauds tous les sakés ont le même goût. Le saké se boit donc chaud "atsukan" en hiver lorsqu'il fait froid et qu'il est de qualité assez moyenne. En été il se boira frais, quelque soit sa qualité. Le saké n'est pas servi directement de la bouteille telle que vous l'avez achetée, mais d'une sorte de carafe appelée "tokkuri". Dans le cas ou l'on souhaite une boisson chaude, le tokkuri est placé au bain marie jusqu'à ce que l'alcool atteigne la température du corps humain.

Servir le saké : Le saké se sert dans de petites tasses sans anse "ochoko" ou de petites coupes "sakazuki". En tant qu'hôte, vous devez servir tous vos invités les uns après les autres, mais surtout  leur laisser le soin  de remplir votre coupe. Se servir soi-même apparait comme étant extrêmement malpoli. Pour servir de manière polie, il faut tenir la bouteille à deux main, ou se tenir l'avant bras de la main qui tient la bouteille. Servir à une seule main peut-être interprété comme un manque de respect, à moins que votre statut ne soit "supérieur" à celui que vous servez (professeur, patron...). Lorsque l'on vous sert, il convient de tenir votre tasse assez haut et à deux mains ; l'une sous la tasse et l'autre pour la maintenir.
Il faudra veiller ensuite à resservir vos invités lorsque leur coupe est vide, il en feront de même pour vous. Si vous ne souhaitez pas être resservi, buvez votre saké lentement de manière à ne pas vider totalement votre coupe... Une fois servi il n'est plus possible de refuser.

Boire le saké : Ici il y a assez peu de règles, la plus importante est que lorsque vous trinquez* avec une personne d'un rang social supérieur au votre, votre coupe ne doit pas être plus haute que la sienne. En présence d'une personne de très haut rang, ne buvez pas directement face à lui, mais tournez vous légèrement.

*En japonais lorsque l'on trinque, la formule appropriée à dire est kanpaï

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