vendredi 20 août 2010

Les couteaux japonais et l'éthique de la perfection

Pour compléter l'article Nigenkokuho, rajoutons qu'au Japon la perfection relève autant de la qualité de l'objet que du parcours ayant mené à sa réalisation. Dans un environnement naturel marqué par l'instabilité (séismes, typhons) qui a fortement imprégné leur inconscient collectif, la continuité avec le passé repose sur les techniques et les matériaux employés. La certification Uchi Hamono est dans le droit fil de ce phénomène qui leur fait reconstruire le sanctuaire d'Ise tous les 1/4 de siècle depuis 690 après Jésus-Christ au moyen des mêmes matériaux et techniques qu'à l'origine. Aucun savoir-faire ne doit se perdre au pays du soleil levant.
Pour un produit d'héritage comme les couteaux, le respect des critères de fabrication permet aux matériaux de s'imprégner de la nature humaine de l'artisan et artiste (il n'existe pas de distinction rigide entre l'art et l'artisanat au Japon). Dans le passé, le sabre de samouraï travaillé à façon avait pour but d'en faire l'esprit même de la dignité et du courage de celui qui l'emploie. Aujourd'hui encore on dit qu'un couteau japonais est un morceau d'âme de son utilisateur qui y met sa grâce et dextérité. Les techniques de forge d'aujourd'hui entrent toujours dans cette logique, une quasi religiosité influence de l'éthique taoïste sur la perfection technique. Sans compter le potentiel émotionnel et parfois même poétique dont les fabricants locaux imprègnent leurs produits.

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