mardi 11 janvier 2011

Bakuman - バクマン

Les auteurs de Death Note, Takeshi Obata pour le dessin et Tsugumi Ôba pour le scénario, sont à nouveau à l'origine d'un manga au scénario original profondément différent des autres œuvres. 
Tout d'abord, Bakuman c'est un manga qui parle de manga. Autant dire que cette mise en abîme scénaristique vous en apprendra un peu sur le monde et le marché du manga au Japon, dont l'ampleur est considérable. On y apprend notamment le travail à fournir pour devenir mangaka en créant un manga digne de publication... De la sueur et des larmes, c'est pas si simple de se faire un nom dans ce milieu, représentant un marché de plus de 2000 milliards de Yens ! 
Mashiro, notre personnage principal, élève de dernière année au collège, connait bien l'acharnement nécessaire à la vocation de mangaka. Son oncle a lui même été de manière relativement éphémère un auteur réputé. Il n'a en effet réussi à produire qu'une seule œuvre à succès, ce qui le conduit à une mort prématurée due au surmenage. A l'heure actuelle, Mashiro ne sait pas quoi faire de son avenir et ce malgré un don évident pour le dessin et un goût prononcé pour les mangas. Takagi, l'élève surdoué de la classe à qui n'importe quel avenir semble pouvoir être promis n'a lui qu'une chose en tête : devenir mangaka ! La vie de ces personnages se rencontrera lorsque Takagi réussira à persuader Mashiro (je vous laisse apprendre comment) de s'associer à lui pour créer des mangas.

Bakuman permet de marquer une pause vraiment très agréable entre les multiples Shônen qui paraissent tous les jours. Une histoire dans un monde bien réel, sans moult pouvoirs magiques mais qui est drôle et touchante, c'est un pari relevé d'une main de maître.

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lundi 10 janvier 2011

Le Japon au Bocuse d'Or 2011

Le lien de ce blog avec le Bocuse d'Or, le championnat du monde de cuisine artistique, se fait au travers des couteaux japonais qui sont omniprésents dans les grandes compétitions culinaires, a fortiori celle  reine où un équipement adéquat est la condition sine qua non vu la méticulosité demandée.
L'occasion de parler un peu du candidat japonais. Tatsuro NAKASU, 34 ans, représentera son pays en finale le 25 janvier à Lyon. C'est le chef de l'hôtel Bleston Court à Karuizawa, une station de ski à 1000 mètres d'altitude à un peu plus d'heure de Tokyo en Shinkansen. Karuizawa est connue pour ses 6000 mariages annuels célébrés dans ses 19 églises, le Bleston Court est un wedding hotel qui en réalise plus du tiers dans ses deux églises privées intégrées au resort. L'étincelle romantique qui démarra ce business est la rencontre en 1957 entre l'empereur du Japon et une roturière qui devint son épouse par la suite. Lorsqu'on interroge M. NAKASU sur la place qu'il vise au Bocuse d'Or, il répond sans ambages la première. Conscient du rôle leader que doit jouer le Japon en Asie depuis que les projecteurs se sont portés sur l'archipel par le Michelin, il est très insatisfait de la 3ème place des qualifications et a soif de rachat. Le Japon est le seul pays asiatique à avoir participé à tous les Bocuse d'Or depuis la création de l'épreuve. Leur prestation a souvent impressionné visuellement mais le jury n'a jamais valorisé les plats cuisinés. Afin de mettre toutes les chances de leur côté, la sélection nippone s'est adjointe comme coach les services de Romuald Fassenet, le chef étoilé jurassien. L'affiche du Japon dans l'esprit hokusaï donne le ton, on y voit le trophée, Paul Bocuse sur le monde, armé d'un sabre de samouraï. Il y aura à nouveau de la poésie dans le menu japonais.          

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mardi 4 janvier 2011

Manches des couteaux japonais

On commence l'année avec un focus couteau. Nous avions effleuré le sujet des manches de couteaux haiku qu'il n'est pas inutile d'approfondir ici. En effet, on parle beaucoup des aciers japonais et de leur affûtage mais on oublie trop souvent l'importance du manche car il faut aussi être à l'aise avec son couteau. 
Chroma France décline justement aciers et préhensions différentes pour un savant mélange de sensations. Chroma utilise en particulier du bois de honoki pour ses gammes traditionnelles, une espèce de magnolia aux qualités uniques : un bois ni trop dur ni trop mou et facile à entretenir. Il existe plusieurs qualités selon les couches d'écorce, des manches bruts Haiku Home destinés à une utilisation peu intensive aux manches Haiku traités anti-humidité et Haiku Kurouchi à la densité plus forte donc plus durs au toucher. Les Haiku Pro sont singuliers (voir photos à la fin du sujet). Différents process de tailles et de polissages successifs pour arriver à la forme idéale avant l'application à la main avec du coton d'ibota, un arbuste japonais à fleurs blanches dont le résultat donne un rendu ciré clair. C'est le même processus qui fut employé dans les temps anciens pour les shirisayas, les fourreaux des katanas de couleur blanche. En final sur Haiku Pro application d'une très esthétique corne de buffle comme virole de fixation à la fin du manche (en plastique pour Haiku et métal pour Kurouchi).
Une autre gamme a un manche très élaboré : Masahiro, un concentré de technologie y compris dans sa partie arrière. Manche en polyoxymethylene couramment appelé POM, un polymère qui devient liquide une fois chauffé et lisse comme un miroir refroidi. C'est un chimiste allemand prix Nobel en 1953 qui en étudia le premier les caractéristiques dans les années 1920 avant que les chimistes de DuPont De Nemours ne réussissent à en faire une application industrielle en 1960. Les avantages du POM sont la durabilité du matériau et le fait qu'il ne craque ni ne casse (il supplante petit à petit le bois même pour des objets traditionnels comme les flûtes en bois). C'est un matériau à mémoire de forme, au fur et à mesure la poignée s'affine et garde la forme de la main. Depuis une dizaine d'années le produit est utilisé comme subsitut pour les koiguchi des sabres de samouraï japonais à la place du cuivre. Koiguchi c'est l'ouverture des sayas pour fixer la lame dans son fourreau, le koiguchi peut être ovale ou octogonal. Les manches Masahiro sont de surcroît anti-bactériens.
Les manches de Kasumi Masterpiece sont aussi remarquables. Kasumi Masterpiece est un mariage entre des  pratiques ancestrales pour la lame et la dernière technologie, manches en micarta. Le micarta est un mélange de résines phénoliques avec du papier n'absorbant pas d'humidité et résistant aux  fréquents écarts de  température par exemple des cuisines professionnelles. Enfin, les manches en bois précieux d'ébène de Haiku Itamae marrons veinés de noir sont d'un esthétisme rare.
Découpe du bois
Dernier usinage pour la mise en forme
Manches de Haiku Pro
Voir aussi le second article consacré aux manches de couteaux japonais, concernant plus spécifiquement l'assemblage lame/manche (vidéo)

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