mardi 27 décembre 2011

Sankin-kôtai, de Tokyo à Versailles

La féodalité japonaise évolue sous les Tokugawa, après les guerres civiles. De nombreuses mesures sont prises pour affaiblir les petits roitelets locaux et les empêcher de se faire la guerre. L'une d'elle en 1635 sera la mise au point d'un système de résidence alternée (sankin-kôtai) qui oblige les daimyos à résider dans la nouvelle capitale, Edo, la future Tokyo. Chaque daimyo est contraint de passer plusieurs mois dans la capitale, les femmes et enfants toute l'année, quasiment des otages de la politique. Indirectement cette mesure a un autre effet, les seigneurs provinciaux devant entretenir deux résidences et participer de force à l'entretien public à Edo, elle ne leur permet plus d'entretenir une armée permanente. Plus ils sont éloignés, plus ils doivent consacrer de frais au voyage, moins ils vont pouvoir être déloyaux à leur shôgun ou se livrer à des vendettas contre leurs voisins.
Pratiquement à la même époque, en 1682 sous Henri III, l'entourage du roi de France, autrement dit la Cour, qui se définit par les princes de sang et alliés et les dignitaires du régime avec leurs familles, se fixe hors de Paris à Versailles. Quelques années plus tard, profondément marqué par la rébellion nobiliaire de la Fronde, Louis XIV va faire pareil qu'au Japon, satellisant la noblesse autour de lui. Les Grands sont déracinés de leur clientèle locale et sous-contrôle, 1° de l'étiquette et du protocole réglés par le frère du roi, 2° dépendant des faveurs royales qui distinguent chacun selon le mérite. Financièrement ils deviennent tous dépendants du Roi-Soleil qui en profite pour établir une monarchie absolue. A la fin du règne de Louis XIV ils seront 10.000 à Versailles, à la veille de la Révolution 4000 familles bénéficieront des honneurs de la Cour, sans pour autant y résider tous. 
Louis XIV à Versailles - ©
Dans les deux cas cette résidence forcée agglutinant l'élite du temps n'a pas seulement été un réducteur des violences politiques mais génère développement économique et culturel, devenant par la force des choses un lieu où convergent artisans du luxe ou acteurs du kabuki au Japon ou du théâtre de divertissement en France. La Cour française devient obsolète avec Louis XVI qui n'a pas les qualités de ses ascendants pour contrôler les factions, le sankin-tôkai survivra au Japon jusqu'à la fin du shôgunat en 1868.      

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samedi 24 décembre 2011

Couteaux - profils de lames (aiguisage)

Pour ceux qui lisent régulièrement ce blog, vous n'ignorez pas la technicité des couteaux japonais. Voici une vue schématique trouvée sur un site américain qui montre les différents profils de lames. 

V-edge : la plupart des couteaux japonais, Haiku, Type 301, Kasumi. Très adapté pour chairs fragiles mais pas que. S'impose de plus en plus sous l'influence de la société Chroma, le précurseur en la matière. Facilité d'aiguisage car angle presque plat.  

Convexes : couteaux européens ou de style occidental, l'angle plus prononcé les rend plus difficiles à aiguiser à la pierre.

Asymmétriques : ils requièrent plus de maîtrise dans la découpe ainsi que dans l'affûtage, réservés à des utilisateurs avertis.    

Double bevel : longévité du tranchant mais au détriment du tranchant immédiat, ne s'emploie pratiquement plus. 

Hollow (Haiku Home) : double tranchant concave pour tenue de fil rallongée, ce ne sont pas des couteaux pour professionnels mais d'entrée de gamme, pour tous les jours, fabrication automatisée. 

Chisel encore appelé Single Bevel : couteaux biseautés non ambidextres pour droitiers ou gauchers. C'est le meilleur tranchant, les Japonais en sont friands.

Back Bevel, une variation rare. Un micro-angle supplémentaire de 3° à 5°. La société Masahiro est un bon exemple de cette technique.      

Chisel + Urasuki, souvent des sashimis et yanagibas. Le côté opposé est concave pour réduire les frictions, généralement caractéristique des gammes purement artisanales.  


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mardi 20 décembre 2011

Le Japon - Périodes Nara et Heian [1/3]

Période de Nara (710 – 794) :

Temple Tôdaiji Nara
construit entre 745 et 752 - ©
A la fin de la période Yamato, le Japon reste malgré des efforts de centralisation administrative très divisé en clans, ce qui a empêché développement de cités et de villes importantes. Plus que jamais sous inspiration de la Chine le Japon veut palier à ce manque en édifiant une métropole comparable à la capitale chinoise des T'ang, qui était probablement la plus grande citée de son temps – 1 million d'habitants concentrés sur un plan rectangulaire fortifié de 8km par 10km, avec de grandes avenues formant un damier et rejoignant le palais situé à l'extrême nord –. C'est donc à Nara, connue aujourd'hui comme la première capitale historique du pays (et aussi pour ses centaines de daims vivant en liberté), que sera construite une citée conçue selon les principes d'urbanisme chinois : plan rectangulaire de 5km sur 7km mais sans enceinte fortifiée. Cependant la population de l'archipel de l'époque était insuffisante en nombre, si bien qu'une partie de la citée ne fut jamais achevée . Certains temple de cette époque sont encore à ce jour debout, faisant d'eux parmi les plus vieux édifices en bois du monde. Ces palais sont l'une des raisons qui font aujourd'hui de Nara une des villes japonaises les plus riches historiquement/architecturalement.
Le pouvoir ne resta que peu de temps à Nara. Dès 794 la construction d'une nouvelle métropole débuta à Heian (l'actuelle Kyôto), l'empereur souhaitant s'éloigner de l'emprise religieuse bouddhique devenue très forte à Nara. La nouvelle citée conservera la centralisation du pouvoir impérial jusqu'en 1868.

Période de Heian (794 – 1185) [1/2] :

Plan de l'ancienne Heian - ©
En 794 l'autorité administrative japonaise désormais établie à Heian peine à croitre vers la province. Bien que théoriquement tout soit étudié pour que chaque province soit contrôlée par des gouverneurs au service de la capitale, les problèmes de communication entre les divers états et cette dernière ainsi que les cultures ancestrales propres à chaque région entravent le bon fonctionnement administratif. S'ajoutent à ces problèmes le dédain des administrateurs régionaux à quitter la cour et son confort, les obligeant à déléguer leurs fonctions à des personnages plutôt particularistes. La somme de ces contraintes rendit impossible le contrôle de régions par le gouvernement central, rendant totalement inefficace toute la bureaucratie et le système complexe d'impôts et de gestion/partage des terres en dehors de la capitale et des ses alentours.
Militairement les japonais s'inspirèrent sans grand succès de la Chine des T'ang. Le service militaire chinois effectué en lieu et place de l'impôt servait à repousser les tentatives d'invasion de leurs très longues frontières. Le Japon isolé ne connaissait pas d'invasion : les paysans en service militaire provenant des quelques régions sous contrôle impérial étaient le plus souvent réquisitionnés pour réaliser des travaux d'infrastructure.

Si sur le long terme l'influence chinoise sur les structures administratives et politiques étaient vouées à disparaître, celle en matières d'arts de religion et de littérature eux eurent un impact plus marqué et s'ancrèrent progressivement dans le fond culturel déjà existant. Du mélange des deux civilisations, une sensibilité nouvelle naquit. Depuis la promulgation de la religion bouddhique officielle, les magnifiques temples fleurirent, abritant des œuvres d'art pour part provenant du continent, pour part de production japonaise. Le savoir-faire manuel nippon a su s'adapter et transplanter les traditions artisanales chinoises pour se les réapproprier. La Chine a servi également de modèle à l'écriture japonaise. Son influence est cependant nettement moins bénéfique que celle des arts tant la langue japonaise n'a rien à voir avec le chinois. En effet le japonais est une langue agglutinante dont les mots sont essentiellement composés de polysyllabes et possédant beaucoup d'inflexions, ce qui rend sa transcription phonétique très simple – il y a d'ailleurs en japonais l'écriture rômaji qui est ni plus ni moins que sa transcription phonétique avec notre alphabet –. La construction du chinois par contre est diamétralement opposée et ne se prête aucunement à une transcription phonétique, ce qui mena à la création de l'écriture par kanji, avec comme principe de base un mot = un kanji. Bien entendu cela rend l'apprentissage très ardu puisque nécessitant de mémoriser des milliers de signes différents. Le prestige de toutes choses provenant du continent dissuada les japonais de chercher une écriture propre plus adaptée à leur langue. Ils empruntèrent donc au chinois leurs kanji qu'ils employèrent comme équivalents phonétiques à leurs syllabes. Ce système trouvait bien vite ses limites avec les particularités de la langue japonaise. Une fois passé l'écriture des noms ou de courts poèmes, l'utilisation du chinois courant devenait indispensable pour tous textes plus complexes. Le chinois était donc utilisé parallèlement notamment par les plus érudits, comme le latin en Europe médiévale. Grâce à l'écriture les japonais compilèrent leur histoire dans deux recueils le Nihongi et le Kojiki. Tous deux sont une mine d'or de renseignements sur le Japon d'après 400 après JC. Faits historiques véridiques ou basés sur des croyances orales transmises depuis l'époque primitive les deux volumes narrèrent pour la première fois l'histoire du Japon et de la famille impériale. Outre le fait qu'ils soient une source d'informations historiques privilégiée, ces deux recueils sont également célèbres pour avoir servi bien plus tard de « bible » aux ultranationalistes qui rêvaient de renouer avec un Japon perçu alors comme supérieur aux autres pays.

L'époque Heian était particulièrement riche, il y a énormément de choses à raconter, même en condensant un maximum. Si jusqu'au milieu du IXème siècle le Japon était totalement à l'école de la Chine, la tendance se modifia par la suite, amenant le pays du soleil levant sur la route de l'autonomie culturelle et de l’arrivée au pouvoir des Fujiwara ; ce qui fera l'objet de deux autres articles [Nara - Heian 2/3] [Nara - Heian 3/3].

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samedi 17 décembre 2011

Les armes mythiques des samouraïs

Samurai archers - ©
C'est peu connu mais il faut savoir qu'au début (époque Heian) les guerriers sont avant tout des archers et des cavaliers. A cette époque, on parle de "la voie de l'arc et du cheval". Les arcs ont été conçus pour être maniés par des cavaliers au galop, asymétriques et poignée dans le tiers inférieur, ils étaient précis jusqu'à 50 mètres mais loin d'égaler la performance des arcs anglais.
Les sabres, des objets mythiques.
Au XIVème siècle avec le développement du combat à pied le sabre remplace l'arc, utilisation à deux mains pour gagner en précision, une lame longue (katana) et une lame courte de 30 à 60 cm utilisable d'une seule main faisaient partie de la panoplie. La forme des sabres était codifiée et indiquait le statut social, seuls les samouraïs de haut rang avaient le droit de porter les sabres longs, seule l'aristocratie le port des deux. Le forgeron Masamune a laissé une trace dans l'histoire, la légende raconte que lorsque les Portugais abordèrent l'île en 1543 une de ses lames damassée trancha le fût d'un de leur canon. Trancher l'acier sans casser porte un nom en japonais : kotô. Un sabre de qualité devait être suffisamment résistant pour passer au travers de sept corps empilés les uns sur les autres.
Le procédé de fabrication est complexe. Les Japonais ne disposant pas de minerai vu la nature volcanique de leur île, utilisaient du sable ferrugineux. Mais il en fallait d'énormes quantités (la fonte d'un bloc d'acier nécessite de verser près de 8 tonnes de ce sable dans un four et 13 tonnes de charbon de bois, l'opération prend 3 journées entières). Puis deux semaines de martelage (pour répartir de manière homogène le carbone), d'étirage et de repliages (plusieurs milliers de couches) avant de tremper la lame dans l'eau froide pour la durcir. Ensuite le polissage d'un artisan spécialisé avec des pierres de grains décroissants (d'abord des granits, puis des grès et enfin des calcaires), qui prenait une dizaine de journées. En dernier lieu pour révéler le tranchant une pierre très fine le long du fil. Un sabre devait être à ce point tranchant que, placé dans le courant d'un ruisseau, il coupe en deux un nénuphar qui lui passe dessus. Les artisans réputés ne réalisaient guère qu'une dizaine de lames par an. Le sabre va vite devenir le plus fameux produit d'exportation du Japon.
Les armes à feu vite adoptées
En 1543 les arquebuses portugaises sont recopiés en 10 exemplaires puis fabriqués en série par des forgerons de lames reconvertis, elles équiperont très rapidement les fantassins (ashigaru) munis jusqu'à présent d'arcs et de lances. En 1575 on en recense 10.000 dans une bataille, puis dix fois plus en 1615 pour le siège du château d'Osaka par Tokugawa Iyeasu (en comparaison en Europe l'armée espagnole, la plus puissante, n'alignait guère que 30.000 hommes et quelques milliers d'arquebuses). Les arquebusiers japonais sont placés derrière des lignes de fantassins armés de piques de plus de 5 mètres. Les arcs ne disparaîtront pas pour autant vu la lenteur de rechargement et l'inefficacité des arquebuses sous la pluie.
Les arquebuses disparaîtront une fois le pays pacifié par les Tokugawa, mais pas les sabres. Ceux-ci continuent à se perfectionner malgré leur inemploi. Une âme leur est même concédée lors d'une cérémonie shinto.

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jeudi 15 décembre 2011

Couteau samouraï

Alain Delon, tueur solitaire, dans le film de 1967 de Jean-Pierre Melville. Le couteau samouraï Alain Delon dans le catalogue d'un fabricant français en 2011. Un raccourci qui en dit long sur la puissance évocatrice du guerrier nippon, dont la devise était "vivre et mourir le sabre à la main". Mais faut-il mettre cette figure à toutes les sauces ? La presse people en parlait en ces termes lors du lancement : "le designer s'inspire du regard de l'acteur (sic !) pour réinventer l'esprit du katana"... Nous savions le couteau japonais culte mais sommes un peu circonspects. La publicité, la mode, le cinéma, la bande dessinée (mangas) se sont emparés de l'univers des samouraïs, on peut le comprendre par rapport à l'identité japonaise, mais s'y associer pour un produit qui n'a ni de près ni de loin de rapport avec le pays, c'est plus difficile à comprendre.
En 2009 apparaissait déjà sur le marché français un couteau de cuisine "samouraï" proposé par un groupement hôtelier, qui n'avait rien de japonais. Cette année on intercepta une enième copie du couteau Kasumi (fabriquée en Suisse) et même des couteaux vendus sur Internet portant carrément le nom de Kazumi avec un "z". Au début on s'inspirait des modèles en les adaptant un peu, aujourd'hui les dérives sont de plus en plus marquées. Pour nous il n'y a que deux possibilités de revendiquer une part du savoir-faire nippon : soit un produit forgé au Japon, soit lorsque ce n'est pas possible pour des raisons manufacturières, un attribut fondamental d'origine japonaise, comme l'acier. Nous lancerons au sein du blog une série d'anecdotes sur les moeurs de cette caste de guerriers qui s'est ancrée dans l'inconscient collectif au point de fasciner l'Occident.
Au fait, que signifie "samouraï" ? Surprise, samouraï à l'origine, veut dire "ceux qui servent dans l'entourage de la noblesse", autrement dit des administrateurs ou chambellans dans le Japon du Xème siècle. Ils évolueront peu à peu jusqu'à devenir des gardes du corps puis des guerriers totalement dévoués. Ils n'avaient pas le droit de travailler ni de gagner de l'argent. Le plus grand déshonneur était d'être fait prisonnier.

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mercredi 14 décembre 2011

Les 47 rônins d'Akô

Tombes des 47 ronins - ©
Un rônin, c'est un samouraï par la naissance, sans terre ni rattachement à un seigneur, ou déchu. Littéralement "homme flottant au gré du vent", un guerrier sans attaches, un samouraï errant. Tous les 14 décembre on honore la mémoire des rônins d'Akô enterrés au temple de Sengaku (ci-contre) à Tokyo.
Voici leur histoire.
En 1701 Tsunayoshi Tokugawa, 5ème shogun de la dynastie, célèbre le Nouvel An. Il charge Naganori Asano, un petit seigneur local du fief d'Akô, de veiller au moindre détail de la réception. Celui-ci se présente à Kira, le maître de cérémonies impérial et lui offre des cadeaux pour son aide que ce dernier juge indignes de son rang. Il s'emploie dès lors à ridiculiser le jeune daimyo de 36 ans, en le faisant par exemple appeler à la cour en pantalon court alors que tous les autres y sont conviés en pantalon long. D'humiliations en humiliations Asano perd son sang-froid et érafle le maître de cérémonies avec son sabre lors de la réception. Un scandale car l'usage des armes est interdit dans l'enceinte du palais. Le shogun ordonne aussitôt à Asano de se faire seppuku, c'est à dire de se donner la mort. Il s'exécute.   
Son fief est confisqué, la famille perd tous ses titres et ses 300 samouraïs sont déclassés. Mais 47 d'entre-eux décident de se venger, ce qu'ils feront le 14 décembre 1702. Ils envahissent le château et décapitent l'infâme maître de cérémonie puis déposent la tête de leur ennemi sur la tombe de Naganori. Le plus jeune d'entre-eux qui n'a que 16 ans est chargé d'avertir les autres anciens samouraïs d'Asano Naganori de la nouvelle. Pendant ce temps les 46 autres se rendent auprès du Shogun Tokugawa. Celui-ci n'a d'autre choix que de les condamner à mettre fin à leurs jours de manière honorable, par suicide rituel, malgré un fort soutien populaire, ce qu'ils font ensembles en public le 4 février 1703 dans le temple de Sengaku-ji. C'est à ce même endroit en face de leur maître qu'ils seront inhumés. Après avoir accompli sa mission le 47ème ronin se livra également au Shogun qui le gracia pour entretenir les tombes, à sa mort à 81 ans, il sera inhumé avec ses compagnons et son maître. Un autre ancien Samouraï d'Asano Naganori vint se suicider au Sengaku-ji pour se faire pardonner de ne pas avoir participé à l'attaque contre Kira Yoshinaka. Une légende est née dont s'emparera le théâtre kabuki en 1748. Il y aura 85 adaptations au cinéma dont le film de Kenzi Mizoguchi, "la vengeance des 47 rônins".
L'histoire est en phase avec les contradictions politiques de son temps. Lors de la première période féodale de la fin du XIIeme siècle à la fin des guerres civiles en 1600, la vengeance était un droit et une obligation absolue pour tout samouraï. Lorsque le 1er shogun arrive au pouvoir en 1603 il supprima cette relique du passé afin de garantir la paix de son pays. Un siècle plus tard, les 47 rônins passèrent outre.

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vendredi 9 décembre 2011

Eléments chimiques aciers japonais


Acier Aogami - ©
Carbone
C'est l'élément le plus important présent dans les aciers. Augmente la dureté et la longévité du tranchant. A partir de 0,6 % de carbone on entre dans une qualité supérieure, tamahagane au japon = acier précieux. 
Chrome
Pour l'inoxydation. "Stainless steel", un couteau l'est à partir de 13 % de chrome. Attention : cela ne veut pas dire qu'il n'oxyde jamais, cette couche d'oxyde de chrome forme une barrière séparant l'acier de son milieu. Conséquence : plus on met de chrome, moins le couteau coupe. A 18 % (cas des couverts, 18/10 = 18 % de chrome et 10 % de nickel), il ne coupe plus du tout.
Les aciers Aoko, Aogami et Shirogami (couteaux artisanaux Chroma) sont ainsi respectivement entre 1 et 1,4 % de carbone, 0,30 et 0,50 % de chrome (0 chrome pour Shirogami), tandis que les couteaux classiques Chroma sont entre 0,6 et 1,0 % de carbone et 13 % de chrome. Les premiers nécessitent plus d'entretien. La coutellerie est un art difficile et souvent un compromis de confort.
Cobalt
Permet de monter plus haut en température, améliore la ductilité (capacité du matériau à se déformer sans se rompre). Notamment associé aux aciers extra-durs. Exemple : VG10 (Kasumi, Haiku Damas).
Manganèse
Très important pour la fabrication. Désoxydant et dégazéifiant (évacuant l'oxygène du métal en fusion). Présent à faibles doses (0,20 à 0,30 %) pouvant aller jusqu'à 0,60 % (Masahiro, double traitement thermique = double expulsion d'oxygène). Souvent associé au silicone, aux mêmes propriétés.
Molybdène / vanadium
Présents dans beaucoup d'aciers. Propriétés désoxydantes. Le manganèse améliore la fabrication en maintenant constante la dureté de l'acier à haute température tandis que le vanadium aide à la formation de carbures.       
Nickel
Rajoute de la dureté et crée des portions brillantes dans les damas.
Tungstène
Exemple  : Mac sashimi. Le carbure le plus dur, juste en dessous du diamant, équivalent au niveau de dureté du rubis ou du saphir. Permet d'obtenir une pièce avec d'excellentes caractéristiques mécaniques notamment une grande résistance à l'usure. En sus d'un fort taux de carbone, les aciers Aoko et Aogami ont entre 1,50 et 2,00 % de tungstène. Cas de Haiku Kurouchi et Haiku Itamae.

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jeudi 1 décembre 2011

Samouraï, armure de guerrier

C'est le titre d'une exposition qui a lieu au Musée du quai Branly actuellement et ce jusqu'au 29 janvier 2012. 140 pièces d'une collection unique au monde, en dehors du Japon le seul ensemble Mori, une des familles qui gouvernait le pays. C'est absolument superbe. On y apprend que la puissance de l'armure réside dans ses détails, le moindre élément ayant sa fonction. La similitude est grande avec les couteaux. D'ailleurs on peut y voir aussi une vidéo sur la fabrication des sabres qui a peu de choses près est assez similaire à la fabrication de certaines gammes de Chroma et Kasumi (les coutelleries sont les héritières des manufactures qui se sont recyclées lorsque le port des sabres a été réservé aux seuls officiers de l'armée impériale en 1876).
L'armure, d'abord de protection de 1185 à 1603, devint ensuite avec l'apparition des armes à feu un élément de signalisation au milieu des mêlées, puis symbole de richesse et d'autorité sous les Tokugawa (1603 à 1868), suite à la marginalisation du pouvoir des seigneurs locaux. C'est un art ancien, les fouilles archéologiques attestent de la présence de protections métalliques dès le IVème siècle. Le point fort de l'exposition d'après nous : elle met en perspective la tactique guerrière avec la beauté et le confort de ces armures. On y voit ainsi des étriers, conçus dans un but de guerre afin que les guerriers puissent se tenir dessus en équilibre pour tirer à l'arc pendant le galop, incorporant des coquillages laqués et pilés comme s'il s'agissait d'aller à une parade. Les menbô (masques de guerre) et kabutos (casques à visière) sont aussi de véritables oeuvres d'art où les artisans rivalisaient de talent (ne manquez pas le casque en forme de coquille St Jacques géante). Ils les parfumaient d'encens pour le cas où ils se feraient décapiter afin que leur tête sente bon... Le samouraï devait chercher la beauté en toute chose, l'exposition nous le fait magnifiquement comprendre.

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