lundi 7 mai 2012

Une sortie du nucléaire à vitesse V

Implantation des centrales nucléaires au Japon - ©
Cela témoigne des ressources morales et industrielles de ce pays : 14 mois après la catastrophe nucléaire de Fukushima, le Japon vient de fermer hier le dernier réacteur nucléaire encore en activité sur les 54 qu'il possède (4 de moins qu'en France). Le nucléaire couvrait au 9 mars 2011 30 % des besoins nationaux (75 % en France), aujourd'hui 0. Mais le pays ne s'est pas effondré pour autant, nos livraisons de couteaux n'ont pas été impactés d'un iota. Comment cela a-t-il été possible ? 
La réponse japonaise a été double : hausse de la production des centrales non-nucléaires (mais, elles aussi affectées par le tremblement de terre, il a fallu construire dans l'urgence une dizaine de centrales à gaz) et baisse de la demande d'électricité. Au lendemain de Fukushima, Tepco, son opérateur, ne pouvait plus aligner que 39 gigawatts dans la partie du pays qu'il alimentait, en été il était déjà à 55 alors que le pic de la demande annuelle lorsque les climatiseurs tournent à plein régime est de 60 GW. Le gouvernement dès lors imposa sur tout le territoire 15 % de réduction de consommation aux entreprises et particuliers par rapport à 2010. Dans tout le Japon, le niveau de l'éclairage urbain a été limité, les escalators arrêtés, les entreprises ont réduit la climatisation de 1 à 2 degrés, chez les particuliers les appareils en veille ont été éteints, etc.. Des économies d'énergie qui ont permis de réduire le pic de consommation à 54 GW. Dans certaines villes très énergivores comme Tokyo, on est allé plus loin, réduisant la consommation de 18 %, l'équivalent de 5 réacteurs nucléaires. Au sein de nos entreprises de coutellerie la discipline fut de fer en solidarité envers le nord du pays dans le malheur, c'est ainsi que le temps de travail fut complètement réorganisé pour effacer les heures de pointe. L'inconvénient à l'échelle de la planète c'est bien sûr que les émissions de Co2 se sont nettement accrues (environ 40 millions de tonnes en 2011, l'équivalent d'un pays comme la Norvège quand même). Fort de ces enseignements, dans un pays moins discipliné et plus dépendant du nucléaire comme la France, on réfléchit à une facturation incitative de l'électricité et à un nouveau mix industriel.

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