jeudi 28 juin 2012

Ichi the killer

Tome 1, édition fr - © Tonkam
Avant la série Homunculus, Hideo Yamamoto s'était déjà illustré avec son titre Ichi the killer, paru au Japon dès 1998 mais seulement en cours de publication en France à l'heure où ces lignes sont écrites (7 tomes sur les 10 de la série sont disponibles). Le décalage d'une bonne décennie entre les publications nippone et française ont permis aux français de découvrir l'intrigue de ce seinen réservé aux plus de 16ans au travers du film éponyme du réalisateur japonais Takashi Miike sorti lui en DVD en 2007. 
Ichi the killer vous immerge dans le monde des Yakuza modernes où rien n'est épargné au lecteur : drogue, violence et sexe ! Mais jamais rien de purement gratuit, chaque scène pose clairement les traits des personnages et forge l'intrigue. Ici pas de sang juste pour du sang. 
L’histoire débute avec le meute par Ichi, sorte de tueur à gages un peu gore à peine sorti de l’adolescence, du chef du clan Yakuza Anjo, dissimulé ensuite en disparation par un petit groupe d'hommes mystérieux. Cette disparition mettra rapidement sur les dents les hommes du clan Anjo : leur chef est-il parti avec l'argent du coffre ou a-t-il été enlevé? Sous l’impulsion du second du clan qui ne croit pas à la fuite de leur chef, des recherches "énergiques" sont déployées par ses hommes pour le retrouver. Très vite les soupçons et les recherches musclées mènent à des conflits avec les autres clans Yakuza, notre petit groupe lui restant dans l'ombre et tentant de manipuler tout ce beau monde. mais dans quel but? 
Comme dans Homunculus, les personnages les plus charismatiques de l'oeuvre sont ceux dont l'esprit est le plus torturé et aussi tortueux. Ichi, le protagoniste principal par exemple est un tueur à gage peureux qui pleure très souvent, ou Kakihara le second du clan Anjo, qui est masochiste qui ne suit aucune des règles Yakuza. Ces personnages s’intègrent parfaitement dans l'histoire que l'on se prend vite à apprécier. Certaines scènes peuvent choquer ou être dérangeantes mais permettent une immersion plus profonde dans l'histoire et surtout dans le milieu de la mafia japonaise. Il faut aussi garder à l'esprit qu'il s'agit d'une fiction, il incombe donc de relativiser certaines séquences.
Le dessin quand à lui est excellent et colle parfaitement au ton de l'intrigue. Le détail est un peu moins prononcé que dans Homunculus, mais permet une lecture plus rapide qui colle mieux au rythme soutenu de l'histoire. A coup sûr ici encore Hideo Yamamoto a signé une oeuvre très aboutie sur de nombreux plans, mais destinée à un public adulte averti qui aime sortir des sentiers battus.

Ichi et son commanditaire. On retrouve le panorama de Homunculus
© City Manga

Ichi est un tueur très émotif, pas banal
© City Manga


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