jeudi 14 juin 2012

Les Yakuza, la mafia japonaise

Shimizu No Jirocho réputé premier bandit
riche et célèbre de l'époque moderne - ©
Qui ne connait pas aujourd'hui le nom Yakuza mais sans réellement savoir ce qui se cache derrière, hormis des synonymes donnés tels que "mafia", "pègre" ou "crime organisé japonais"? Aujourd'hui popularisés au travers de films/séries [très connus comme le premier volume de Kill Bill, plus comique tel que Wasabi et My Boss my Hero ou plus "authentique" à l'image de Zatoichi], de manga [entre autres Ichi the killer dont nous reparlerons ici prochainement] ou de jeux vidéos [série Yakuza de Sega], les Yakuza trouvent leurs origines vers 1600 à l'époque Edo (de l'ancien nom de la capitale Tokyo), mais deux versions différentes existent à propos de leur création.

La première théorie dit qu'ils seraient issus des bakuto et des tekiya, respectivement parieurs professionnels et vendeurs itinérants. Ces deux milieux recrutaient leurs membres dans la basse société, parmi les petites frappes et les sdf et une fois assez nombreux, s'établissaient dans un secteur fixe à l'intérieur duquel ils contrôlaient les salles de jeu, très populaires à l'époque, ainsi que le commerce. Ces deux activités sont aujourd'hui encore au coeur du système des yakuza. De plus les tatouages et le rituel du doigt coupé qui caractérisent les Yakuza d'aujourd'hui semblent provenir de traditions déjà existantes dans ces deux groupes, renforçant la probabilité de ces origines.
La seconde hypothèse soutenue par les clans de yakuza eux-même affirme qu'ils descendent des machi-yakko, les protecteurs des villes. Au début de la période Edo, le pays fût démilitarisé et pacifié, une période de 250 ans de paix s'en suivit. A cette époque, les samurai qui représentaient 10% de la population se retrouvèrent démobilisés. Certains devinrent des rônin, d'autres de simples bandits. Leur particularité était de ne se plier à aucune règle. Ils traversèrent les villes et villages en bandes de plus en plus grandes et organisées terrorisant la population et même occasionnellement pratiquant le tsujigiri, acte consistant à tester l'efficacité d'un sabre neuf sur le premier passant venu. Des groupes de protection se formèrent au sein des villes pour s'en protéger, les machi-yakko, possibles ancêtres des yakuza se décrivant comme défenseurs des citoyens mais protégeant avant tout leurs propres intérêts. Cette sorte de milice locale profitait de son statut de seul rempart contre les bandits pour prendre une position ascendante sur les habitants, et ainsi élever le rang social et la situation financière de ses membres.

Tatouage de Yakuza - ©
Après un longue période durant laquelle les yakuza étaient tolérés et avaient des accords tacites avec les représentants de l'ordre, l'image de ceux-ci se détériora auprès des populations, allant jusqu'à déclencher dans les années 90 une série de lois qui obligent depuis les yakuza à se faire ficher, ce qui les soumet à plus de restrictions. Les autorités connaissent avec plus de précisions quel membre fait partie de quel clan, rendant plus simple les poursuites lors de dommages subit par des personnes ou des biens matériels. Bien souvent cependant peu de plaintes sont déposées et les poursuites presque toujours faibles. Seuls les crimes les plus graves et/ou ayant un un fort impact sur l’opinion public peuvent être sévèrement réprimés. A l'origine les yakuza suivaient un code, le gokudô, inspiré du bushido des samurai et introduit aux origines par les rônins qui entrèrent dans les clans. Sous l'effet des lois antigang les clans se sont dès lors réduits mais cela augmenta leur cohésion d'ensemble.
 Aujourd'hui les activités des Yakuza s'effectuent dans l'ombre de sociétés ou d'associations de façade. Leurs domaines d'action sont très vastes et comprennent les jeux d'argent (paris illégaux, salles de jeux clandestines), le racket des petits commerces en échange d'une protection, l'industrie du sexe (la prostitution normalement illégale au Japon, la pornographie clandestine de vidéos non censurées)... Dernièrement les yakuza ont également infiltré de plus grandes société en achetant des actions, leur permettant d'être présent aux réunions d'actionnaires et de pouvoir faire pression sur ceux-ci. Leur développement à l’international a touché principalement les USA et l'Allemagne, mais ils font face depuis quelques années déjà à l’émergence d'une concurrence chinoise sur leur sol natal.
Dans la société japonaise de tous les jours, les Yakuza ne trouvent pas facilement une place. Il se retranchent dans certains quartiers qu'ils contrôlent complètement, sont bien souvent exclus de nombre de lieux publics, principalement ceux où leur identité serait facilement repérable comme les onsen (bains de sources chaudes). Le style des yakuza étant assez caractéristique, il sont facilement repérés par le reste de la population, posant des problèmes de réintégration aux repentis ainsi que d'ordre général aux personnes ayant perdu un doigt et aux gens tatoués non-membres d'un clan - souvent des étrangers -.

Le milieu du crime organisé au Japon répond donc à certains codes moraux (pas toujours suivis) la rendant différente des autres mafias, mais reste néanmoins un milieu dangereux et illégal. Vous pouvez trouver plus de documentations sur le sujet au travers du grand nombre de sites disponibles sur internet dont en voici une partie :

Vous pouvez également consulter ce reportage "En quête d'action" de la chaine W9 consacré au sujet :




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