jeudi 28 février 2013

Le prunier japonais

Pruniers fleuris sous la neige - © Hiroshi Tonoshiro
Nous avons déjà tous entendu parler de Hanami, la fête de la floraison des cerisiers au Japon. C'est une fête qui marque l’installation durable des beaux jours et qui donne lieu à de grands rassemblements entre amis, collègues ou en famille. Plus méconnu chez nous, il y a cependant un autre arbre symbole fort du Japon dont la floraison intervient aux prémices du printemps: le prunier.
Actuellement en floraison le prunier du japon, de son nom japonais ume [lire oumé], a été introduit de Chine aux alentours du VIIIéme siècle. Réputés pour repousser les mauvais esprits et les démons, on en trouve très souvent à côté des les portails par lesquels les mauvais esprits se faufilent. Sa culture depuis des centaines d'années a diversifié ne nombre de variétés de pruniers et donc de fleurs, qui vont du blanc-rosé au rouge. Comme pour le cerisier, la floraison s'étale sur plusieurs semaines sur tout l'archipel. Elle coïncide avec la fête de l'hina matsuri dont elle devenu est l'un des symboles mais aussi désormais avec le triste accident de mars 2011.
Les prunes issues de ces arbres sont très appréciées par les japonais. Ils les récoltent pour agrémenter des plats ou tout simplement pour les faire mariner dans le sel, ce qui donne les fameux umeboshi. Un alcool dont le nom fait immédiatement penser au Japon est également produit à partir d'un mélange de ce fruit et de sake : l'umeshu.


Rendez-vous sur Hellocoton !

jeudi 21 février 2013

Yakuzas


Tatouage - ©
A l'occasion de la diffusion prochaine sur Arte d'un reportage sur les Yakuzas, voici un petit retour rapide sur le thème des Yakuza déjà abordé en juin 2012. Au départ sont les bakutos, d'anciens samouraïs désoeuvrés par la période de paix de l'ère Edo (yakuza signifie "bon à rien"). Pour gagner leur vie ils se reconvertissent comme joueurs professionnels itinérants puis créent des maisons de jeux. La contrebande et le marché noir deviennent leur fond de commerce. Puis ils se regroupent avec les marchands ambulants et élargissent leur activité en devenant usuriers. Très rapidement la grande criminalité se développe autour de ces activités. Les bakutos décorent leurs corps avec des tatouages très élaborés qui deviennent marque de reconnaissance, inspirant de nos jours le body art japonais. Ils se forgent une réputation de robins des bois basée sur un code d'honneur inspiré de l'éthique du bushido qui régit les relations entre chefs et subalternes, la tradition s'établit de se couper une phalange du petit doigt en cas de désobéissance ou de manquement au code d'honneur, une tradition (le yubitsume) qui perdure. Controversés, les yakuzas défraient régulièrement la chronique, malgré une loi de 1992 qui les a contraints à la clandestinité leurs 80.000 membres répartis dans 22 clans ne se privent pas d'afficher leurs activités au vu et au su de tout le monde. Le reportage sera diffusé sur Arte le 26 février à 20 heures 50.     


Rendez-vous sur Hellocoton !

vendredi 15 février 2013

Michelin, la bataille continue

Il n'y a pas qu'au Bocuse d'or où la France et le Japon ferraillent gentiment par couteaux interposés. Depuis 2011 la France avait rétrogradée à la deuxième place des 3 étoilés, on se demandait si ce n'était pas la fin d'une époque. Il faut dire que de nombreux chefs français en avaient abandonné d'eux-mêmes quelques unes ces dernières années et que nombre de Français dont Joël Robuchon ou Alain Ducasse apportaient leur lot d'étoiles au pays adorateur de la lune. Une erreur informatique et le guide de Michelin laisse filtrer aujourd'hui ses résultats une semaine avant la sortie du guide papier. Au firmament des nouveaux trois étoiles, La Vague d'Or près Saint-Tropez. La France comptera dorénavant 27 trois étoilés, elle reprend la tête. Les deux pays cumulent plus de la moitié des 3 étoiles au monde. Le guide rouge désigne aussi 5 nouveaux 2 étoiles (en tout 88) dont La Nouvelle Maison de Marc Veyrat à Veyrier-du-Lac. France - Japon, une opposition de deux cultures, deux styles, mais dans l'assiette, un même objectif de perfection. 

Rendez-vous sur Hellocoton !

lundi 11 février 2013

Nuriyuki Hamada, chef japonais Bocuse de bronze 2013

Nuriyuki Hamada - © Le Fotographe
Le Bocuse d'Or 2013 a fait beaucoup parler de lui en raison de la victoire de la France qui renoue avec le succès après deux sessions en demi-teinte, archi-dominées par les Scandinaves. Cette victoire française à la saveur particulière a néanmoins occulté la très belle 3ème place du chef japonais Nuriyuki Hamada qui a pourtant fait grimper son pays pour la première fois sur le podium. Ce blog traitant à la fois de la culture japonaise, de coutellerie et de gastronomie, il aurait été impardonnable de ne pas publier un petit focus sur le Bocuse de bronze 2013 !

A l'âge de 36 ans, Noriyuki Hamada chef exécutif du restaurant Yukawatan, Hôtel Bleston Court à Karuizawa (préfecture de Nagano) rejoint le cercle fermé des lauréats du Bocuse d'or, le plus exigeant concours de cuisine du monde. Si la technicité des plats relève du savoir-faire japonais en matière de découpe et de minutie, ils n'en tirent pas moins leur essence dans les deux patrimoines gastronomiques, français et japonais. Au Japon Hamada est célèbre pour la touche française qu'il apporte à ses plats. Apparaissant souvent dans des émissions télé il est considéré comme le "Iron Chef for French dish". La réinterprétation de grands plats français par un chef dont la cuisine traditionnelle diffère complétement de la nôtre apporte un renouveau inattendu très efficace. Cette deuxième participation au Bocuse d'Or a été l'occasion pour le chef de le démontrer avec brio.
Ses références en matière de cuisine artistique sont les étoilés Régis Marcon (3* Michelin et Bocuse d'Or 1995), Pascal Barbiot (3* Michelin) et Philippe Mille (2* Michelin et Bocuse de Bronze 2009). Dixit le chef : ce sont des chefs qui emploient des produits authentiques dans leur cuisine.

Au menu pour une troisième place au Bocuse d'Or :

Viande : Filet de boeuf en croûte de sel avec saveurs de yuzu, poivre sansho et sauce wasabi.
Poisson : Filet de turbot Label Rouge habillé de shiitake, farci à la mousseline de homard bleu dont la présentation en bento n'est pas passée inaperçue

Nous finirons ce portrait par cette citation du chef, motivation supplémentaire pendant les 5 heures 30 que durent cette épreuve : "L'univers de la restauration japonaise a été gravement touché par le tremblement de terre de 2011. J'ai souhaité participer au Bocuse d'Or avec l'objectif de redonner de l'espoir à ce secteur en atteignant l'une des premières places !"

Pour toujours tout savoir sur le Bocuse d'or, visitez saga-bocusedor.com, notre blog spécialement dédié à la compétition

Rendez-vous sur Hellocoton !

vendredi 1 février 2013

L'origami

Boucles d'oreilles origami "grue" - © Esprit Déco
Le terme japonais "origami" vient du verbe "oru" qui signifie "plier" et du nom "kami" qui signifie "papier". C'est une activité ancestrale toujours très pratiquée dans le pays du soleil levant, mais devenant aussi un hobby de plus en plus courant dans les pays occidentaux. 
La technique de pliage du papier a été introduite au Japon depuis la Chine via la Corée au début du VIe siècle (période Yamato) par, selon la légende, des moines bouddhistes.  Les historiens estiment que c'était une activité à laquelle s'adonnaient les chinois depuis déjà des siècles. Ils furent probablement les premiers Hommes à s'adonner à cette activité bien que certains prétendent que dans l'Egypte ancienne on pratiquait également le pliage de papier ; mais sans explication sur la méthode employée pour ne pas briser les fragiles feuilles de papyrus, peu propices au pliage !

Au Japon, cette pratique subit au fil des âges des changements profonds avant de devenir un véritable art. La popularisation parmi les couches sociales supérieures permit progressivement la parfaite maitrise de fabrication d'un type de papier possédant des qualités doubles de robustesse et de douceur. Ce papier résistant aux déchirures c'est le washi, fabriqué encore aujourd'hui à la main à partir de fibres d'écorces de gampi, de chanvre ou de murier, notamment. L'amélioration de ce type unique de papier japonais favorisa encore le développement de nombreuses formes de créativité culturelle, dont finalement l'origami tel qu'on le connait aujourd'hui.

Pendant des siècles, ce fut une activité réservée aux gens les plus aisés et aux grandes occasions, le papier n'étant pas encore accessible à tous. Ainsi les origami étaient-ils parfois présents dans des mariages Shinto de nobles pendant l'ère Heian (794-1185) servant notamment à décorer des cadeaux (prenant dans ce cas l'appellation de "noshi"). Au 17ème siècle, l'origami était utilisé sur les modèles de vêtements à la mode comme le kimono. Les pliages étaient de plus en plus reproduits et la période Edo (1600-1868) coïncida avec la production de masse et à bas prix du papier, démocratisant ainsi la pratique de l'origami et en faisant un passe-temps national.

Au cours de la période Meiji (1868-1912), l'origami fut utilisé comme un outil d'enseignement à l'école maternelle et à l'école élémentaire. C'est au cours de cette période que nombre de nouveaux origami toujours plus complexes et élaborés virent le jour. Cependant, en raison des besoins d’indications précises pour réaliser les pliages et de son côté banal, l'origami perdit ensuite de sa popularité pendant la période Taishou (1912-1926), les éducateurs favorisant alors l'originalité et la créativité. Finalement, malgré la période de déclin de l'engouement autour de l'origami, cet art resta ancré dans l'histoire culturelle japonaise et conservera toujours une certaine popularité.

Origami moderne de Yoda - © Sakurahouse
Les pliages ne sont pas seulement une forme d'amusement pour les enfants : parce qu'elles sont destinées aux adultes, beaucoup de ces œuvres sont difficiles à réaliser et comportent de nombreuses étapes compliquées.  Il y a ainsi toujours de nombreuses créations imaginatives et novatrices et le potentiel éducatif de cet art n'est plus remis en cause. L’origami a gagné sa réputation comme passe-temps pour tous, petits et grands, qui se retrouvent parfois autour d'associations de passionnés. De nouveaux types de papier sont utilisés (ainsi le papier qui permet de faire des bateaux) et des variantes ont été créées (comme le kirigami qui consiste à découper le papier). Aujourd'hui, l'origami a retrouvé toute sa place dans les écoles maternelles japonaises, où les enfants (les garçons aussi bien que les filles) pratiquent quotidiennement cette activité, développant coordination motrice et renforcement du lien culturel historique avec leur pays.

Merci à AvenueDuJapon pour sa collaboration sur cet article.

Rendez-vous sur Hellocoton !