vendredi 23 août 2013

Pagode Yasaka à Kyoto

La pagode Yasaka est l'un des emblèmes de la ville de Kyoto. Située au pied d'une colline dans quartier est de la ville, elle fait partie des innombrables merveilles témoignant du passé de Kyoto. Bâtie pour la première fois en 589, elle a subit comme nombre d'autres monuments les guerres et intempéries (et aussi les rivalités entre le sanctuaire Yasaka auquel elle est rattachée et le temple Kiyomizu) mais a toujours été reconstruite à l'identique. La version actuelle de la pagode date de 1440, Kyoto ayant été épargnée par les bombardements de la seconde guerre mondiale en raison de son très riche patrimoine.
L'un des points remarquables de cet édifice est sa structure qui lui donne une très grande résistance aux tremblements de terre, prouesse technique pour l'époque qui est encore aujourd'hui un modèle pour la construction en zone sismique. Les 5 étages qui composent la pagode ont une liberté de mouvement les uns par rapport aux autres leur permettant d'osciller autour de la poutre centrale, absorbant ainsi les vibrations.
Source d'inspiration pour de nombreux peintres, l'édifice dédié au Godai Nyorai, les 5 grands Bouddha, largement représentés sur les murs intérieurs ainsi qu'au travers des statues disposées à chaque point cardinal au pied du monument - les 5 grands bouddha représentent chacun un enseignement et sont disposés l'un au centre et les autres autour à chaque point cardial - (plus d'info [english])

Par Yoshimitsu Nomura (1870 - 1958) - source artelino.com


Rendez-vous sur Hellocoton !

mardi 13 août 2013

Importations et droits de douane

Ce blog est pour nous un moyen de partager nos passions pour le Japon ainsi que pour la coutellerie, mais il arrive que les événements liés à notre activité nous demandent d'écrire sur des sujets moins passionnés et poétiques. C'était déjà le cas lorsque nous mettions en garde contre les messages tronqués mis en place autour de produits bas de gamme ayant un air de famille avec Kasumi Titanium. Aujourd'hui nous voulions mettre l'accent sur une pratique qui se développe de plus en plus, la fraude à la douane.
Lorsqu'on achète un produit hors de l'UE, la douane française demande le règlement de droits de douane (8,5 % actuellement pour du couteau,  variable selon la nature des produits) ainsi que le règlement de la TVA en vigueur en France (19.6 %). Avec internet, cela devient plus flou notamment lorsque l'on achète sur des sites "marketplace" où des revendeurs étrangers sont présents parmi d'autres européens sans qu'on discerne du premier coup d'oeil la nationalité des uns et des autres (c'est voulu). Telle Marketplace affiche les offres des différents vendeurs de la même manière et selon la loi française, toutes taxes comprises. Pourtant à y regarder de plus près, les étrangers vendent sans les taxes, celles-ci étant demandées à la réception du colis par le transporteur ! Cela n'est pas précisé mais a pour effet néfaste de faire paraître les marchands hors UE moins chers - ce qui est le contraire une fois frais de port, TVA et droits de douane additionnés -. Ce type de dérive a été signalée au géant du e-commerce abritant les différents vendeurs, qui considère que ce n'est pas son problème, mais celui de l'acheteur lorsque le livreur lui demande de payer à la livraison les taxes pour récupérer son produit, quand bien même le site affiche clairement que les prix s'entendent TTC.
Dans la même veine, de petits vendeurs se prétendant importateurs sont en réalité des agents commissionnés faisant expédier directement du pays de départ sans guère plus d'informations qu'une petite ligne dans les CGV des sites informant que les taxes sont à payer par l'acheteur (un comble pour un importateur !). Plus grave, certains commerçants japonais n'hésitent pas à rendre leurs clients complices de fraudes à la douane en ne déclarant pas la valeur réelle des produits ou en ne les déclarant pas comme des envois commerciaux. ATTENTION, dans ce cas le vendeur ne risque absolument rien, seul l'acheteur endossera la responsabilité pécuniaire de la fraude s'il se fait prendre. La note dès lors est salée. La mode du couteau japonais aidant nous sommes particulièrement concerné par ce type de méfaits dans le collimateur de la Répression des fraudes.
Internet n'a pas inventé l'escroquerie, mais nous trouvons cela assez navrant de devoir en arriver à ce genre de pratiques. Plus regrettable, certains commentaires que nous lisons parfois énonçant que les prix de nos produits sont élevés en comparaison alors que naturellement nous réglons toutes ces taxes (en moyenne + 30 %), rendons le produit accessible et disponible partout en France, assurons un SAV sur place, générant des impôts en France et participant ainsi à l'économie du pays et à la promotion de la coutellerie japonaise en France.

Soyez donc vigilants avant de tomber dans ce genre de piège, de bien faire attention d'où est expédiée la marchandise de manière à ne pas être surpris par des frais de douane importants. Et merci à tous ceux qui nous soutiennent depuis plus de 10 ans maintenant, les inconditionnels de nos marques qui transmettent leur passion et leurs conseils autour d'eux !

Rendez-vous sur Hellocoton !

jeudi 8 août 2013

Couteau made in Sakai

Nous vous parlions il y a 4 mois, dans un article sur le phénomène couteau japonais (et de ses dérives), de notre préférence pour les couteaux artisanaux japonais par rapport aux autres productions en raison de l'aura particulière qui s'en dégage. Afin de mieux comprendre pourquoi autant d’admiration autour de ces couteaux, voici quelques photos et explications à propos de leur fabrication (seules les étapes principales communes à Haiku Pro et Itamae sont évoquées ici).

Tout débute dans un petit atelier dans la ville de Sakai, en périphérie directe d'Osaka dans un fourneau monté à plus de 2000°C.

Des barres d'aciers de très grande qualité tels que l'Aogami et le Shirogami y sont chauffées afin de pouvoir être travaillées.

Ebuchi Kouhei, artisan forgeron des plus grands chefs japonais
L'acier au rendu le plus dur qui se retrouvera sur le fil de coupe et l'acier plus tendre servant à apporter de la souplesse sont ensuite travaillés à l'aide d'un marteau mécanique pour prendre une forme approximative à celle souhaitée de la lame. Selon la série, le travail est différent. Ainsi pour Haiku Itamae, l'acier est plié plusieurs fois afin d'obtenir un total de 32 couches .

Le travail de forge continue en étant affiné au marteau manuel, le tout comprenant plus de 50 processus différents rien que pour obtenir la forme brute d'une lame damas de Haiku Itamae !

La lame est ensuite trempée dans une eau filtrée de toutes impuretés même microscopiques afin de ne pas faire entrer l'acier en contact avec des corps étrangers indésirables.

Le maître forgeron donne ensuite les dernières touches de finition et vérifie que la lame soit parfaitement droite, plane et ait les bonnes mensurations. Les lames imparfaites sont mises de côté car elle n'entrent pas dans le cahier des charges imposé par Chroma pour Haiku Pro et Itamae qui nécessitent l'obtention du certificat Uchi Hamono (voir plus bas). De l'aveu du maître et malgré sa grande expérience, il rejette ainsi près d'une lame produite sur deux en ajoutant la casse ! Seule la perfection est admise !

Sujii Keichi, plus de 40 ans d’expérience dans l'aiguisage
Une fois la forge et toutes ces étapes franchies, notre lame continue son périple chez l'artisan en charge de l'aiguisage, qui débute par une vérification minutieuse afin de s’assurer une seconde fois qu'elle répond à tous les critères. Il débute ensuite le polissage du dos et des côtés de la lame (et révèle le damas pour Haiku Itamae).

Le travail d'aiguisage débute alors d'abord sur une meule afin de créer l'ébauche d'un fil de coupe

Puis sur une série de pierres à aiguiser aux grains de plus en plus fins identiques à celles que nous proposons pour les aciers plus durs afin d'obtenir le tranchant parfait qui fait la réputation du couteau japonais. L'opération d'aiguisage se fait en une vingtaines d'étapes.

Les manches sont en parallèle préparés à partir des meilleures couches de bois de honoki pour Haiku Pro et d'ébène pour Itamae.

La virole en corne de buffle commune aux deux séries est issue exclusivement de la pointe de celle-ci, toujours dans un souci d'utiliser les meilleurs matériaux. (le reste de la corne est employé dans d'autres domaines)

La lame est ensuite gravée à la main, pour Haiku c'est le symbole du faucon qui est apposé par Harada Takayuki, notre artisan graveur

Le couteau est enfin monté par l'ensemble virole + clavette par Tatsumi Masuru, un autre artisan des plus réputés du Japon qui travaille sur nos couteaux. Le travail demande un grand savoir-faire et oblige à ce que le manche, la virole et la soie de la lame soient exactement aux bonnes dimensions. L’artisan doit alors faire entrer la soie dans le manche suffisamment pour que le couteau soit correctement monté, sans aller trop loin au risque de fendre le manche.

Le couteau ainsi terminé est ensuite envoyé pour validation et obtention du certificat Uchi Hamono, qui en plus de vérifier que celui-ci respecte les normes, s'assure qu'il a bien été fabriqué selon les règles ancestrales prédéfinies.... Tout un art ! (plus d'infos sur le certificat uchi hamono)

Haiku Itamae Suminagashi

Rendez-vous sur Hellocoton !