jeudi 5 février 2015

Gastronodiplomatie

La 115ème remise d'étoiles Michelin eût lieu le 2 février sous les ors de la République au Ministère des Affaires étrangères sous la houlette de Laurent Fabius qui a également le tourisme sous sa coupe. Tout un symbole. La France est riche de sa cuisine classée patrimoine mondial de l'Unesco et de ses chefs adulés à l'étranger. Pourtant elle fait face à une concurrence de plus en plus agressive et capable. Le Bocuse d'Or est le symbole de cette lutte de géants. Pour la première fois depuis sa création la France termine a une 7ème place, derrière les Scandinaves, les USA et le Japon. Tous ces pays sont appuyés financièrement par leurs gouvernements respectifs, alors que la France il y a peu en était réduite à organiser des tombolas et des ventes de T-Shirt pour couvrir ses frais. Et ce au moment où dans les classements internationaux tels celui du très controversé magazine anglais "Restaurant" qui publie les 50 meilleurs restaurants du monde, les établissements français sont ostracisés (seuls 5 français figuraient dans le dernier "Top 50" et aucun dans les 10 premiers). Il est vrai que la perfide Albion n'en est pas au premier french bashing et que les autorités du pays n'ont pas toujours soutenu ce secteur d'activité, souvenons-nous du dérapage de la précédente ministre du commerce extérieur que nous relations dans ces colonnes. Il fallait sans doute cette esclandre pour qu'on prenne enfin conscience du chef d'oeuvre en péril. Sous la houlette de Laurent Fabius, conseillé par Guy Savoy, la France veut mettre son patrimoine culinaire en avant avec un objectif : 100 millions de touristes. La présentation du dernier Michelin fut donc un acte politique dans la guerre économique que se livre la planète. Le ministre, homme de l'année selon La revue du vin de France, s'est inventé un nom pour cela, la Gastronodiplomatie. Le terme, décrié dans le journal Le Monde, représente ce qu'aux Etats-Unis on appelle la "culinary diplomacy".
      

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