jeudi 28 juillet 2016

Amazon, ce géant qui nous veut du bien

Décidément, ça va devenir un blog Amazon... Après le dérapage constaté récemment, notre post du 28 juin dernier, nous avons décidé de mettre en évidence deux particularités du site préféré des Français en lien avec l'actualité.

Vous avez toujours pensé acheter moins cher sur Amazon ? 
Le One-Click, acheter en un click, est une révolution. C'est pratique et rapide. On achète plus vite que son ombre, sans lire les CGV, parfois des produits dont on ne sait même pas d'où ils proviennent, avec des dates de livraison mobiles (entre le... et le..., ce qui est interdit en droit français). La boîte d'achat ou buy box couplée à ce mode d'achat, accentue ce passage à l'acte fulgurant car très peu d'acheteurs (seuls 13 % paraît-il) ouvrent la page entière où sont listés tous les revendeurs, car ils font confiance à Amazon pour acheter au meilleur prix. Or il n'en est rien selon une étude de la Northeastern University. 
Amazon n'a jamais laissé filtrer comment fonctionne leur algorithme buy-box, cette étude donne des pistes :
1. Amazon s'arroge la boîte d'achat pour soi quoiqu'il arrive tout en étant plus cher que les revendeurs de la Marketplace à service égal, y compris des revendeurs notés 100 %, rappelons qu'Amazon ne s'applique pas cette règle de notation car il est fort à parier qu'ils ne seraient pas à 100 % ;-)
2. En cas d'absence d'Amazon ceux des revendeurs de la Marketplace qui utilisent des algorithmes de pricing (Dynamic Pricing Systems) obtiennent la boîte d'achat au détriment des autres car ces algorithmes (parfois gérés par d'anciens transfuges de chez Amazon qui savent), maximisent le prix, ceci au détriment de revendeurs n'utilisant pas ces services, et qui peuvent donc être moins chers. Comme Amazon touche des commissions sur les ventes, ceci leur profite grandement.
Notre conseil : n'achetez pas trop vite et pesez bien le pour et le contre, insistez aussi chez les revendeurs étrangers que toutes les taxes soient inclues. D'anciens articles attiraient déjà l'attention sur un certain nombre de dérives d'Internet : 
http://blog-couteau-japonais.chroma-france.com/2014/02/le-marketing-de-lhonnetete.html
http://blog-couteau-japonais.chroma-france.com/2014/08/prix-solidite-performance.html, 


Des avis à ne pas prendre à la lettre.
85 % des internautes attachent beaucoup d'importance aux avis d'autres consommateurs (mais seuls 6 % notent régulièrement, toujours les mêmes donc). Une étude du Journal of Consumer Research d'Oxford sur 1272 produits de 120 catégories différentes démontre que les avis sur Amazon ne sont pas très objectifs, notamment en raison d'un contenu peu étoffé et d'une notation trop rapide, le plus souvent après seulement quelques utilisations. L'étude parle "d'illusion de validité". C'est beau...
Mais il y a bien plus grave, ce sont les avis achetés. Ces études sortent un peu tard, Amazon avait déjà utilisé la mèche de jurys-maisons, et les revendeurs notamment Chinois (en raison de la somme de l'investissement, modique) l'utilisent à plein. Un exemple ci-joint, avec un moulin à poivre qui, dans le descriptif, moût aussi du sucre.. Allez-y, ne vous gênez pas, c'est marqué... Mais n'oubliez pas de vous plaindre si cela ne fonctionne pas, comme on le ferait pour un revendeur français qui a pignon sur rue. Si vous regardez bien, un seul internaute plus consumériste que les autres, réagit face à ce mépris total, nous lui adressons un grand satisfecit : https://www.amazon.fr/gp/customer-reviews/R3VU63JOO2YY09/ref=cm_cr_arp_d_rvw_ttl?ie=UTF8&ASIN=B01935KFSY.
NdlR, 10 mai 2017 : ce lien a depuis été enlevé par Amazon, devinez pourquoi ? (il n'empêche que depuis que les reviewers ne sont plus achetés, les + et les - s'équilibrent). 
En attendant le revendeur en question aura réussi à lancer son produit au vu et au su de tout le monde. Un de nos revendeurs nous a justement contacté à ce sujet, dans un autre genre, un internaute qui veut acheter un produit lambda contacte ce revendeur et lui propose de bien noter le produit s'il le reçoit gratuitement... Sordide décidément.

En tant que consommateur nous sommes responsables de ces dérives si nous ne faisons pas plus attention à nos achats. L'Internet marchand siphonne nos emplois (pour quelques embauches combien de destructions de petits commerces ?), nos données (comment se fait-il qu'Amazon conserve nos coordonnées bancaires pour son 1-click ?), notre propriété intellectuelle (96 plaintes en 2015) et notre fiscalité. Je recommande à tous le livre "La Souveraineté numérique" de Pierre Bellanger, a qui on laisse conclure : "l'Internetocratie fait passer sa souveraineté réelle pour une liberté théorique, soumise en fait à son seul contrôle".

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