vendredi 12 octobre 2018

L'arc, première arme du samouraï (et non le sabre)

L'origine des guerriers professionnels japonais remonte à la fin de l'époque Nara au VIIIème siècle avec l'abandon de la conscription qui touchait tous les hommes de 20 à 30 ans. Lors des tentatives pour mater les turbulents rebelles du nord de l'île de Honshu, le gouvernement central de la nouvelle capitale, Kyoto, se mit à recruter une armée de métier pour délester du service militaire les paysans sur lesquels reposait toute l'économie.
Les habitants du nord étaient de redoutables cavaliers, il fallait mettre en face des hommes habiles à tirer des flèches, sans tenir la bride du cheval en mouvement. La monarchie japonaise avait pris part au VIème siècle aux guerres dans la péninsule coréenne et nombre de Coréens alliés aux Japonais avaient émigré dans la région de Kanto à l'est de Edo (Tokyo) après la chute des colonies japonaises sur le continent asiatique. Les Coréens traditionnellement éleveurs de chevaux se muèrent en cavaliers-archers (les historiens pensent que ce savoir-faire leur venait des ancêtres Mongols). Ces troupes sont à l'origine des samouraïs, elles intégreront au fur et à mesure des conquêtes les formidables cavaliers du nord, les emishi, prisonniers de guerre ou volontaires. 

Au départ, l'arc est plus important que le sabre. Les premiers samouraïs étaient appelés "hommes de l'arc". Car le sabre est alors une arme uniquement défensive et courte. Il ne peut ni transpercer une armure, ni tuer (le premier sabre de champ ne sera introduit qu'au XIVème siècle lorsque les samouraïs se battront au sol et non plus en selle). 
Un arc pouvait atteindre 2,50 mètres mais au fil du temps diminua à 1,98 mètres pour plus de maniabilité. Au commencement des batailles les samouraïs tiraient des flèches sifflantes dont la tête était creusée, pour annoncer le début des hostilités. Les cordes en chanvre, pouvaient casser, de fait on portait toujours à la hanche gauche deux cordes de rechange. 
Les flèches atteignaient une portée théorique de 132 mètres, en trajectoire rectiligne. Cette distance fut matérialisée dans la longueur du couloir du temple Renge-o-in (Sanjusangendo) à Kyoto, où a lieu chaque année en janvier un festival où les participants doivent tirer des flèches sur une cible au bout du couloir. C'est le plus long édifice en bois du Japon.

Temple Sanjusangendo
Quand même, à cette distance les flèches ne sont guère efficaces. Pour viser les parties découvertes non protégées il fallait s'approcher à une quinzaine de mètres. 
Le saviez-vous ? 
Pourquoi les gardes étaient armés de grands arcs tout à fait inutiles dans un corps à corps ? Parce que pendant leur ronde ils faisaient sonner la corde de leur arc pour éloigner les mauvais esprits.
Pour compléter sur :  



Rendez-vous sur Hellocoton !