mercredi 19 décembre 2018

Planches à découper idées reçues

Chroma planche à découper Sir-BBQ
Nous le professons depuis toujours, c'est une hérésie d'interdire le bois en cuisine et demander à mettre des planches en plastique pour cause d'hygiène alors que les pores du plastique une fois refermées conservent à jamais les résidus dans lesquels on peut re-couper. De nombreux pseudo-scientifiques font circuler de fausses informations sur les sites Internet faisant croire que le bois serait dangereux, au lieu de recommander de laver la planche correctement après usage. On trouve ce raisonnement surtout sur des sites féminins, sans doute que pour les ménagères du XXIème siècle il est plus commode de mettre sa planche en plastique au lave-vaisselle que de laver consciencieusement sa planche en bois ; faut-il préciser qu'aujourd'hui encore nous sommes obligés de mettre des stickers no diswasher sur nos couteaux. Cette vogue du plastique-fantastique venue initialement des Etats-Unis (qui depuis ont fait marche arrière) a été infirmée maintes fois.
Le microbiologiste de l’Université de Californie, Dean Cliver, a ainsi mené une expérience pour savoir qu’elle était la planche la plus hygiénique entre la planche en bois, en plastique et en marbre. Il a déposé des bactéries au centre des planches, il les a ensuite trempé, lavé avec un détergent classique puis séché. Des prélèvements ont été faits au centre des planches et sur les bords.
Il a constaté que la planche en marbre montrait quelques signes de bactéries mais qui étaient présentes sur toute la surface de la planche. En effet, comme la planche est lisse, les bactéries se sont propagées partout contaminant la totalité de la surface (même si la couche de bactéries reste faible). 
La planche en bois présente par endroits des petites colonies de bactéries. Le bois étant poreux, à l’inverse du marbre, les bactéries sont restées là où elles ont été appliquées. Elles ne se propagent pas et ne contaminent ainsi pas toute la planche.
Plus surprenant, le bois se débarrasserait naturellement des germes. Cliver explique que le bois «est un matériau très poreux et que par ce fait, le liquide est aspiré dans le bois par capillarité. Lorsqu’il y a des bactéries dans le liquide, elles entrent dans le bois et ne reviennent jamais en vie», et ajoute que «[les bactéries] meurent lentement. Cela peut prendre quelques heures et pour finir elles ne sont plus en mesure de causer de problèmes». Après 12h, il restait en effet des traces de bactéries mais leur nombre avait réduit de 98 % à plus de 99,9% dans certains cas.
La planche en plastique présente plus de bactéries que les deux autres planches. Les bactéries se logent dans les petites cavités et griffures et ne sont ainsi pas éliminées par le lavage. Pire, elles se reproduisent plus vite et plus facilement dans ces cavités, explique le microbiologiste. 
La meilleure planche est celle en bois. La planche en marbre arrive avant la planche en plastique, qui se retrouve en dernière position. Ces résultats ne surprennent pas le professeur car selon lui, dans de multiples expériences similaires, le bois finit toujours vainqueur.
Cet article est tiré du site https://www.dangersalimentaires.com/qui précise aussi que les plastiques sont nocifs. Des phtalates contaminent les aliments lorsque le plastique est au contact de la nourriture. "On peut se dire que le temps de contact est très faible pour un aliment que l’on découpe sur une planche pour que des phtalates migrent vers les aliments. Cela est sûrement vrai, mais qu’en est-il des petits morceaux de plastique qui se détachent des planches en plastique usées par les couteaux, qui finissent directement dans nos estomacs (même à de très faibles quantités) ? Bien souvent, en grattant un peu avec son ongle, on peut très facilement décrocher un peu de plastique de sa planche". Ne pas oublier aussi que les planches en plastique font plus de mal au fil des couteaux que les planches en bois.

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mercredi 5 décembre 2018

Amazon recueil de fake news

Il est de notoriété publique que nombre de notes attribuées sur le site d'Amazon sont des faux octroyés contre rémunération ou échantillon gratuit (en tout cas pour les imports de Chine, qui s'en sont fait une spécialité). Un de nos clients nous signale ainsi une mauvaise copie circule de notre couteau Chef Haiku H06, qui aurait engrangé plusieurs reviews depuis son lancement. Il s'en étonne car la copie est un couteau complètement déphasé de l'offre traditionnelle : 
- une lame type hollow (émouture creuse, ce sont des lames aiguisées en creux par meule rotative, l’arrondi de la pierre crée un creux dans la lame sur toute la longueur, généralement ces émoutures sont celles de produits d'entrée de gamme)
- un acier commun avec 15 % de chrome "pour que votre lame reste étincelante année après année"... l'acier est présenté 2 fois plus dur que "la plupart" de vos couteaux, ce qui ne veut rien dire
- le manche semble en matériau assez banal, non cimenté de surcroît
- il n'y a aucune mention d'une marque quelconque, ou de l'acier employé
Le tout pour 99 € prix de vente (le tarif d'un H06 de Chroma, le prix-repère). Garanti à vie (ce qui est toujours suspect)
Nous avons expliqué à notre client qu'il ne fallait pas se fier aux commentaires Amazon et relevé qu'un des commentateurs - nouveau-venu sur Amazon et qui depuis, commente à tout va (un acheteur compulsif dira sans doute Amazon pour se justifier) avait juste fait un copié-coller d'un autre couteau qu'il avait acheté, coïncidence, le même jour ! :
"Très bon couteau, il est bien équilibré avec une très bonne prise en main. Il a un design très élégant et j'aime beaucoup le manche en bois. Il est bien tranchant comme on peux s'y attendre d'un tel couteau. Je le conseil pour toute personne qui désir avec un bon couteau chez soi".
Ce commentaire est en droite ligne avec ce que décrivit en 2016 le Journal of Consumer Research d'Oxford. Sur 1272 produits de 120 catégories différentes celui-ci démontre que les avis sur Amazon ne sont pas très objectifs, notamment en raison d'un contenu peu étoffé et d'une notation trop rapide, le plus souvent après seulement quelques utilisations. L'étude parle "d'illusion de validité". Une étude récente de l'université de Dortmund (1322 produits de 224 catégories) confirme : les notations étoilées sont à 70 % déphasées de celles en laboratoire du très sérieux Stiftung Warentest, de 2014 à 2017, et, constate, que le rapport entre produit noté et qualité objective diminue avec le temps. Ce qui veut dire que plus le produit est ancien, plus il y a décalage avec sa valeur réelle. Ce paradoxe ne nous étonne qu'à moitié : n'ayant pas l'expertise pour évaluer au mieux, le consommateur a tendance à plus critiquer la marque-repère en s'auto-persuadant de son bon choix pour le générique, dès lors que celui-ci a été poussé artificiellement dans les résultats l'instinct grégaire prend le dessus sur la prise de décision individuelle, car nous ne sommes pas en "connaissance de cause" puisqu'il n'y a pas de discussion objective avec un vendeur comme dans un magasin.
Que voit-on d'autre dans les reviews du produit chinois. Tiens, une certaine Mahaut achète elle aussi le même jour (!) les deux mêmes couteaux (!), idem l'autre commentateur. Mais c'est incroyable ce qu'Amazon recèle de coïncidences.
Bref, il faut faire attention pour éviter les désillusions. Les 99 € ne sont certainement pas justifiés ici. Dans un acier similaire vous avez de chez Chroma du Haiku Yakitori à 19 € et pour le même prix de 99 € vous avez chez Chroma un couteau de marque made in Japan avec un réel suivi qualité et de vrais satisfecits. Le couteau Haiku équipe la main de Louis de Vicari, qui concourt pour le prix de meilleur commis au Bocuse d'Or 2019. Dans le passé Haiku a déjà remporté l'épreuve par deux fois. Nous voudrions aussi en cette période de gilets jaunes mentionner le fait qu'acheter hors UE à des revendeurs chinois ou autres, qui tous à de rares exceptions près fraudent la TVA sur Amazon, est une vision court-termiste pas très citoyenne et dangereuse pour notre démocratie. La France qui se débat dans d'inextricables difficultés pour combler son déficit devrait se pencher une fois pour toutes sur la taxation des GAFA et au demeurant, faire cavalier seul si l'Europe ne suit pas (l'Allemagne est réticente car négociant avec l'administration Trump pour que cette dernière ne taxe pas l'automobile en retour).

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